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Rencontre avec le «Comité Développement Durable» de l'ENVAR à Lille 1

Ce 1er décembre, Chtinux a rencontré le «Comité Développement Durable», de l'association ENVAR des étudiants issue des cursus suivis au sein de l'UFR Géographie et Aménagement de Lille 1.

Nous étions 9 personnes autour de la table, et les discussions ont été riches. Parmi les personnes intervenantes, il y avait Simon de la coroutine, Rémi anciennement de l'AEI (Association des Étudiants en Informatique de Lille 1), Fabien (de Chtinux), ainsi que Kévin et Julia du Comité DD.

Les étudiant·e·s de l'UFR étaient invité·e·s à prendre connaissance du logiciel libre, étant donné que dans leur cursus, beaucoup sont amenés à utiliser des logiciels de SIG (Systèmes d'Information Géographique) propriétaires, et d'autres outils tels que Illustrator.
Une partie de ces étudiant·e·s utilise déjà des formats libres et ouverts pour leurs échanges. Pour certain·e·s d'entre elleux, il s'agit d'un choix motivé. Pour d'autres, il s'agit davantage d'un état de fait, c'est à dire qu'ils/elles disposent déjà d'Ubuntu et font usage des logiciels libres sans nécessairement en connaître les tenants et aboutissants.

Comme dans beaucoup d'établissements se pose alors la question de l'interopérabilité, à la fois avec les travaux des autres étudiant·e·s, et avec le personnel enseignant ou l'administration.

Kévin, étudiant et libriste convaincu, expose alors : «Quand je reçois un fichier Illustrator, je peux le modifier dans Inkscape, puis je l'exporte en SVG, mais celleux qui le reçoivent ne peuvent pas l'ouvrir à nouveau dans Illustrator !». On partage son étonnement, car naïvement, on aurait pu penser qu'un format libre, ouvert, et standardisé, de dessin vectoriel soit bien lu par un logiciel de dessin vectoriel d'envergure professionnelle.

Tout en grignotant nos sandwiches au pâté végétal (le restaurant universitaire croulait sous la demande pour ce type de sandwiches sans cruauté ce jour-là), nous avons donc tenté de défricher ces questions d'interopérabilité, ainsi que d'autres aspects du logiciel libre.

Nous ne résumerons pas dans le détail nos discussions, le comité DD a en effet prévu de faire une synthèse de celle-ci (si celle-ci n'est pas déjà assez complète), qu'on ne manquera pas de vous mettre en lien.

Nous avons entamé la séance par la diffusion d'un épisode de «Data Gueule» sur «les communs». Puis nous avons abordé :

  • comment le logiciel libre peut s'articuler, ou ne pas s'articuler, autour de l'économie capitaliste et/ou libérale
  • un bref historique de la naissance du logiciel libre, quand Stallman s'insurge de ne pas pouvoir corriger le logiciel qui prend en charge son imprimante au MIT.
  • les messageries libres (email, et XMPP), et la mention d'assos qui mutualisent la mise en place de ces solutions.
  • l'universalisme des systèmes libres, en questionnant la façon dont ceux-ci s'introduisent dans les matériels grand publics. (lecteurs multimedia de salon, téléphones portables...)
  • les communs, et les services publics, notamment avec le cas de la gestion de l'eau.
  • la différence entre opensource et logiciel libre, qui montre que le premier s'en tient au contrat de droits des licences, tandis que le second en tire les conséquences d'organisation sociale.
  • l'obsolescence programmée.
  • la reconquête des savoirs et savoir-faires, notamment via internet.
  • un questionnement sur ce qui distinguerait deux logiciels qui seraient identiques sur le plan fonctionnel, et dont l'un serait libre, l'autre pas.
  • la gêne qu'il peut y avoir à ce que des entreprises puissent contrôler certains aspects de nos vies, en opposition au domaine politique où le vote permettrait au citoyen d'avoir son mot à dire sur chaque décision.
  • la position ambigüe de Google, qui utilise du libre, et qui devance quelque part le logiciel libre sur certains aspects (intelligence artificielle...), de par la collecte massive de données dont il dispose.
  • les modèles d'autorité qui persistent au sein d'initiatives telles que wikipédia.

... et bien d'autres points encore qui ont parfois été juste éffleurés. La liste, déjà consistante, est en effet non-exhaustive :p

Merci de l'invitation, et bonne chance aux (post-)étudiant·e·s !

PS: si vous souhaitez poursuivre cette immersion dans le logiciel libre, vous pouvez : consulter la liste des initiatives associatives de la région lilloise, consulter l'agenda du libre ou demosphere pour vous tenir au courant, ainsi que le blog de Chtinux. Aussi, si vous souhaitez participer à la vie de l'une de ces associations, chacune dispose de sa propre mailing-list à laquelle nous vous invitons à vous inscrire. ;-)